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La relation
entre l'homme et l'animal, ce plus vieux compagnon de
nos songes, jadis privilégiée au sein
du monde rural, pris ici, chez les bouviers du Morvan,
une étrange dimension tout à la gloire
de la civilisation pastorale. La totalité des
textes écrits par des observateurs étrangers,
le plus souvent lettrés, évoquent l'habileté
de ces animaux athlétiques, comme leur étrange
complicité vis à vis du maître qui,
usant le plus souvent de sa seule voix, mène
son charroi. Ils sont disposés naturellement
à oeuvrer sur les plans inclinés, dans
les chemins difficiles et pénibles, au travers
des terrains abruptes comme des ravins les plus dangereux.
Tous ces auteurs qui pensaient de semblable façon,
notaient en conclusion : "c'est qu'en effet, auune
race sans doute, ne peut égaler l'adresse de
ces boeufs Morvandiaux, petits, sobres, intelligents
et travailleurs !".
Cette race unique, sans doute venue en l'état
du néolithique, fut plus qu'un outil d'exception
parce qu'elle conditionna totalement les modes de vie
d'un terroir durant une longue période historique,
engendrant du même temps, une forme de civilisation
particulière, fondée sur le principe d'une
migration temporaire. Cette estimation n'est pas trop
forte dans la mesure où l'amplitude des phénomènes
qui en découlèrent, fut le principal critère
de survie d'une population considérée
alors comme étant à part, ainsi que le
montre cette citation quelque peu forcée, empruntée
à un historien d'un siècle déjà
lointain : "le Morvan est un pays rude, primitif,
un coin d'Armor perdu sous les chênes, enfoui
dans les fougères folles, d'où pointe
à côté des rochers sanglants |
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